Carnet de Lecture : Boule et Bill (BD)
Note de Lecture #22
Boule et Bill
Il y a globalement 2 principales sortes de BD : les histoires complètes, genre Astérix, Blueberry, Alix… et ce que l’on nomme les « Gags » ou histoires courtes comme Gaston et donc Boule et Bill. Les 2 auteurs venant du journal Spirou sont à mon humble avis, les 2 meilleurs dans ce domaine. Aussi relecture des 23 albums avec du coup ces quelques observations, constatations, voire questions, au-delà du plaisir réel qui, grâce à la qualité des dessins, des gags mettent en joie même encore maintenant alors que « sénior »
Les personnages : Père, mère mais on ne connait pas les prénoms. Le Papa, travaille dans la publicité. La mère est au foyer (comme beaucoup dans ces années-là) Très souvent dessinée avec un tablier. Pour autant, elle est bien clairvoyante, ce n’est pas une « potiche » et son féministe se voit bien dans le T18/p4
Pouf, le copain de Boule. On voit rarement son visage. Il participe aux jeux de son ami sans toujours être d’accord, parfois avec un peu de réalisme, à contre-cœur, ou à ses dépens.
Bien sûr Bill, le chien cocker, race que Roba dit affectionner particulièrement. Il est intelligent, inventif, joueur, a un caractère bien affirmé et encore bien d’autres adjectifs peuvent le décrire. Et enfin Boule, le petit garçon. Lui aussi a son caractère, parfois très adulte, parfois très enfantin. Il est très attentif à son compagnon chien mais celui-ci doit se soumettre à ses désirs de jeux. Ses habits semblent parfois, surtout dans les couleurs, le foulard, faire un rappel à Lucky Luke
Pour les Gags, il y a de multiples récurrences tant en sujets qu’en personnages : les Os, le bain de Bill, le policier (agent 22 – référence aux premiers agents dans Quick et Flupke de Hergé ?), le boucher, le gardien du jardin public, le patron du Père, le vétérinaire, le contrôleur taxe chien, et bien sur les animaux : des chiens (avec souvent le Saint Bernard), des chats, copains par moments, ennemis par d’autres, et surtout les oiseaux. Ils sont d’abord présents en images encadrées sur les murs, puis avec le temps ces « tableaux » s’animent et on voit des réactions de ses oiseaux en fonction du scénario, dialogue. Ils deviennent également partie prenante en dialoguant avec Bill.
Mais il y a aussi des canards, chevaux, lapins, cerfs, sangliers et même castors qui apparaissent lors des balades en forêt ou ailleurs. Dans tous les cas, ces animaux différents font preuve de complicité, se comprennent entre eux, sont solidaires. Avec néanmoins une exception (comme toujours) ou Bill interroge des chiens de races différentes (Danois, Pekinois, Berger Allemand, Scotland) et là, pas de langage commun face à tous ces "étrangers". Aujourd'hui on pourrait y voir quelque chose de raciste?
Dans l’album n° 6 (p 46) C’est l’arrivée de Caroline qui au début énerve Bill car elle le suit partout. Mais viendra vite le développement d’une belle amitié, complicité et même amour si l’on en juge le nombre de cœurs dans les dialogues !
Côté Bill, on peut aussi observer dans les scenarii au fil du temps, le développement de l’agilité de ses oreilles qui deviennent source de gags.
Mises en scènes : Les décors varient selon différentes saisons entre la maison, le quartier, les vacances soit à la mer, à la montagne en hiver, en forêt/ nature
L’appareil photo intervient beaucoup d’histoires, avec un reflex, à main levée ou avec un pied, un polaroid … Cela permet de se demander si Roba ne pratiquait pas lui-même la photo d’autant que certains cadrages de ses dessins semblent le démontrer. On en a une petite réponse dans l’album « Boule et Bill en Famille » où il fait part de nombreux commentaires personnels. Ainsi on apprend au moins qu’il a fait de la photo de mariage et aussi travaillé dans l’imprimerie, la « pub ». Peut-être aussi pourquoi c’est la profession du papa de Boule ?
Compte tenu de l’époque, on note aussi beaucoup de dessins où, pour les loisirs, la lecture est importante. La TV est secondaire car ce sont les débuts. Le père y impose sa volonté de voir des matchs de foot. Parmi tous ces gags, juste relever dans l'album 13, une manifestation féministe, bien en avance sur son temps, mais avec laquelle Bill ne semble pas être d'accord lorsqu'il "se fait draguer". Dans le N°15, là aussi un sujet toujours d'actualité : l'inflation ! et page 16 se demander si l'histoire n'est pas en relation avec un évènement qui fit grand bruit : les soient disant "pouvoir" de Uri Geller
Dans les petits détails de dessins, on notera les références et « hommages » nombreux pour des autres auteurs (Morris, Franquin, Goscinny…) ainsi que les nombreuses références au journal de Spirou et ses autres « héros ». Parmi ceux-ci, il y a aussi l’immatriculation de la 2CV (Gag 69) Si on comprend «GAG» quelle référence pour 69 ? l’année ? plus possiblement le whisky, marque évoqué une fois au moins dans une autre case d’un album.
On observe certaines évolutions dans les éditions après le passage de Dupuis à Dargaud (à partir de l’album 22), les dessins des 2 pages d’intro changent. De même sa signature qui indique la date car il y a surement un décalage entre la création et l’édition avec Dargaud.
La pagination des premiers albums chez Dupuis évolue et est revue à la baisse. Dans certains albums plus tardifs on observe quelques histoires sur 4 ou 6 pages, mais cela reste rare.
Pour terminer, évoquer, la signature, comme tous les auteurs le font. Elle est simple et pas évolutive dans la créativité comme Franquin. Mais il signale bien son 1000 ième dessin dans l’album n° 22
Roba, comme d’autres, signale toujours les sources de son inspiration (ex :Vicq... et d’autres noms). Qu’importe qui ils soient pour lui, mais cela est important, respectueux.
On ne le trouve, je crois qu’en BD. Les autres auteurs ne le font pas (peintre, dessinateur, photographe) et avec l’AI cela ne va pas s’améliorer !
Cela n’empêche pas de petits points de désaccord avec des propos de Roba. "Je dessine des petits bonshommes comiques…. Aucune prétention intellectuelle…" Le comique ne peut-il être intellectuel ? Raconter des valeurs, de l’amitié, l’importance des animaux n’est-ce pas intellectuel même si la démarche se fait au travers de gags ?
« Mon public, ce sont les enfants, les adultes ne s’amusent pas… » Non cher Roba, maintenant sénior, je sais qu’un adulte peut s’amuser, encore et toujours rire de vos gags !
Reste que tout cela n’est pas exhaustif, omissions faites de nombreux détails (et encore plus pour Franquin). C’est juste à nouveau l’envie de partager quelques observations de lectures appréciées… importantes quelles qu’en soit le thème.
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